janvier
31

Fondation Cultura

A l’heure des présidentielles 2017 vous pouvez regarder à droite comme à gauche force est de constater que le mot culture est absent du discours politique. Les élections présidentielles constituent évidemment un contexte d’actualité majeur. S’il n’est pas du rôle de la Fondation Cultura de prendre parti dans la campagne, il est dans l’objet même de la fondation de promouvoir la culture pour qu’elle soit au cœur des engagements des dirigeants politiques. C’est le thème de la campagne proposée pour 2017, qui a vocation à promouvoir la culture, comme dans les années précédentes, mais en conduisant les lecteurs à comprendre les aphorismes au prisme du débat politique.

août
30

La simplicité

Au mois de Juillet, à Arles, Les Napoléons Innovative Communication Network nous proposaient comme thème de réflexion « La simplicité ».

Comme disait Corneille, enfin un Corneille au rabais: “Nous partîmes avec des dizaines de questions, mais par un prompt renfort d’intervenants nous nous vîmes avec 3000 questions en revenant à Paris”.

La simplicité c’est un peu comme le bonheur on y aspire tous mais on du mal à trouver le chemin qui nous y mène. Et cela, même si on réduit son champs de réflexion en tentant essentiellement de se concentrer sur ce thème lié à l’innovation. Nous sommes trop humain, notre réseau de neurones, système éminemment complexe, lui,  ne peut s’empêcher d’aller baguenauder dans des questions plus existentielles, plus psychanalytiques, plus émotionnelles liées à notre façon de vivre, à notre passé, à notre environnement,  à nos relations familiales ou professionnelles. La simplicité des uns n’est pas celle des autres. Bref, vous écrire un avis définitif et global sur la question ferait l’épaisseur de l’Encyclopédie Universalis. Vous nous direz c’est mieux qu’un Lexomil pour s’endormir. Certes, mais cela fait apparaître également un truisme majeur sur la question:  Il est très compliqué de faire simple.

A ce stade et pour ne pas perdre le lecteur (peut être qu’il y en a) on peut juste se poser quelques questions qui peuvent provoquer des débats entre amis ou collègues de bureau. Sans s’égorger bien entendu mais dans la bienveillance, c’est à la mode.

Prenons par exemple l’architecture. Intellectuellement, on va louer la simplicité de telle ou telle réalisation, prenant en compte les dernières innovations majeures du secteur et au vu de milliers de paramètres et de contraintes qu’il a fallu gérer avant de bâtir. Et pourtant nos sens vont parfois  préférer la complexité et l’aspect foutraque d’un village fait de ruelles tortueuses et trop étroites, de maisons biscornues mal isolées, de trottoirs pavés et glissants et horreur suprême, sans parking au sous-sol ! Humain trop humain on vous l’a déjà dit.

Et qu’en est il de la simplicité quand celle-ci tourne au simplisme ? Prenons Powerpoint. Logiciel innovant apparu en 1987, véritable succès, cet outil est devenu indispensable à toutes présentations orales. Le parlé “ppt” est devenu un nouveau langage en soi, un langage light, facile, sans nuance, sans consistance, sans émotion. Des formules creuses, des mots galvaudés, des images stéréotypées. Essayez de communiquer dans la vie avec 500 mots de vocabulaire et des livres d’images ! Peu de gens vous écouteront à part peut-être votre maman qui vous a toujours trouvé brillant(e).

NTM, crew de penseurs rappeurs le disait déjà dans les années 80 tout n’est pas si facile. Des questions encore des questions se posent à nous et toutes les réponses n’étaient pas à Arles. Aussi, quel bonheur, quand on entend celle de  Mathieu Lehanneur designer qui nous  parle de la simplicité en évoquant la fausse mouche, imprimée à même la porcelaine dans certains urinoirs et qui améliore de 80 % la précision de tirs des garçons. De la science du comportement pour nous simplifier la vie. Enfin, surtout celle des agents d’entretiens.  On a beaucoup aimé, également, quelqu’un comme Ladislas De Toldi, cofondateur de Leka. Une société qui a un conçu un petit robot aidant les enfants autistes notamment à progresser et à apprendre par le jeu.

Mais il faut bien l’avouer on a également trouvé d’autres intervenants un peu décevant. Plus à faire la promotion de leurs boîtes ou de leurs propres intelligences qu’à nous parler véritablement du sujet. Pardon ! C’est notre côté enfant gâté, on devient très exigeant avec les Napoléons. Tout est si parfait avec eux. C’est un peu comme dans un palace, on ne supporte même plus la toute petite éraflure sur le miroir baroque de la chambre.

Pour conclure et pour être dans le thème on aurait bien aimé terminer cette article par quelques emojis.  Mais, bon, on le sait déjà, tout ce qui vise  à la simplicité nécessite la plupart du temps beaucoup de réflexion, de travail et de science. C’est peut être cela qui nous subjugue aussi dans un idée simple, c’est toute l’intelligence qu’il y a derrière et que l’on ne voit pas.

Bruno Delhomme

Stjohns Pastille

juillet
25

Gilles Lipovetsky : répondre à l'hyperconsommation par l'écologie de l'esprit

Le 8 juillet dernier, lors du lancement de notre démarche #InnovationRide, nous avons invité deux de nos clients a échanger et à écrire ensemble les nouveaux défis des marques à relever. Lors d’une phase de conférences le matin, Gilles Lipovetsky est venu nous inspirer.

Dans son intervention, le sociologue et philosophe a proposé une analyse contemporaine des risques et des opportunités pour les marques à l’aune de la question de la consommation. Pour Gilles Lipovetsky, contrairement à ce que les nouveaux modes de consommation laissent imaginer, la consommation ne diminue pas, bien au contraire. Nous sommes entrés dans une société d’hyperconsommation dont on peut isoler sept grandes caractéristiques :

– La marchandisation quasi intégrale des désirs et modes de vie de notre temps.

– L’hyper individualisation de la consommation. Auparavant nous regardions en famille le film de 20h sur la télévision. Aujourd’hui nous regardons chacun nos programmes de notre côté ou au mieux tous ensemble mais avec un autre écran dans les mains pour suivre en même temps un autre contenu digital.

– La diffusion des cultures des marques dans toutes les classes sociales et classes d’âge, mettant fin à une consommation de classe. Quelque soit notre milieu social, nous connaissons tous les marques de luxes et sommes prêts à faire des efforts financiers pour les acheter. Les marques ne donnent donc plus d’information sur la classe sociale. Contrairement aux années 60, presque tous les enfants sont capables de citer des marques de luxe.

– Le culte des marques en réponse à l’absence de culture de classe : la marque donne des repères.

– Le passage d’une consommation statutaire à une consommation expérientielle ou émotionnelle. Nous ne consommons plus car nous avons un besoin mais car nous avons le désir d’une expérience.

– L’essor de la consommation collaborative. Gilles Lipovetsky défend l’idée selon laquelle le développement du collaboratif ne détruit pas la consommation mais la déplace. En effet une personne va préférer payer moins cher son trajet en utilisant blablacar, pour ensuite mettre plus d’argent dans un bon hôtel ou une attraction. La consommation n’est donc pas réduite mais bien décalée.

– Un culte du bonheur paradoxal dans nos sociétés où le stress et l’anxiété croissent depuis la fin des Trente Glorieuses. En effet, nous consommons trois fois plus aujourd’hui qu’auparavant, en revanche nous ne sommes pas trois fois plus heureux : quel paradoxe !

Si la marchandisation est un processus irréversible, Gilles Lipovetsky dénonce l’invasion de la consommation dans la vie. Sans la diaboliser il souhaite que la société propose aux jeunes d’autres voies d’épanouissement.

Selon lui, il faut donc critiquer l’excès et non la consommation elle-même. Gilles Lipovestky propose donc en réponse à cela des politiques économiques logiques mais surtout une écologie de l’esprit. Il s’agit d’inventer de nouveaux modes d’éducation et de travail qui devraient permettre aux individus de trouver une identité individuelle et des satisfactions ailleurs que dans les paradis passagers de la consommation.


#INNOVATIONRIDE

Stjohns Pastille

dog stjohns